Mardi 4 février 2020, 11h00, la Mômerie. 

        Après une petite marche matinale et encore toutes engourdies par le froid, Tamara et moi décidons enfin de nous engouffrer dans cette chaleureuse petite boutique de vêtements et de jouets pour enfants conçus de manière éco-responsable. La gérante du lieu, Lou, nous attend derrière son bureau avec un grand sourire, prête à nous accueillir. Nous nous présentons et nous engageons aussitôt l’interview.

Juliette : Pouvez-vous nous résumer votre parcours en quelques phrases ? Qu’est-ce qui vous a amené aujourd’hui à travailler dans le domaine du textile éco-responsable ?

Lou : Ce sont mes enfants et mon rôle de maman. Je suis juriste de formation et j’en avais marre. J’ai eu deux enfants et je ne trouvais pas ce que je voulais pour les habiller et les faire jouer. Comme j’ai trouvé que c’était quelque chose qui manquait j’ai voulu me lancer là-dedans.

Tamara : Comment pourriez-vous résumer en quelques phrases le concept de votre boutique ?

Lou : C’est un concept-store pour bébés et enfants. Je recherche les produits les plus éco-responsables possibles. C’est-à-dire les plus locaux, les plus durables, les plus éthiques sachant que je n’arrive pas toujours à réunir toutes ces conditions. Parfois, les produits viennent de loin mais sont fabriqués de manière éthique.

Juliette : Les produits peuvent-ils venir provenir hors de l’Europe ?

Lou : Je fais le maximum pour que ce soit le plus local possible mais ce n’est pas toujours évident. Par exemple, je vends une marque de jouets qui s’appelle Plantoys* et qui provient de Thaïlande. Mais cette entreprise possède vraiment une philosophie et une éthique très poussée : les produits sont fabriqués de manière très écologique et dans le respect des gens qui travaillent pour cette marque. Mais après …y a le trajet c’est sûr.

Tamara : Vous travaillez principalement avec des marques ou vous-même vous essayez de créer ? Si non, avez-vous déjà penser à dessiner vos propres vêtements ?

Lou : (Rires) Je ne me suis pas encore lancée là-dedans, non. Je viens d’une formation de juriste, je n’ai pas de talent de dessinateurs (rires) mais pourquoi pas se lancer avec d’autres gens. Peut-être que ça se fera un jour…

Tamara : Est-ce que vous pensez que les mentalités changent ?

Lou : Oui, il y a une grosse prise de conscience de la part des gens. On est plusieurs à aller dans ce sens-là. Mais c’est beaucoup trop lent à mon goût et aussi pour mon entreprise. Après, c’est un dilemme pour moi de me lancer dans une boutique responsable et à la fois de vendre. Je ne veux pas pousser mes clients à la consommation, mais le concept d’un magasin est celui de la consommation, vous voyez ? Parfois je me demande s’il ne faut pas aller encore plus loin et quitter radicalement ce système de consommation. C’est pour ça que j’ai développé un petit coin de seconde main.

Tamara : Un petit coin d’échange en faites ? Les gens viennent déposer leurs vêtements ?

Lou : Tout à fait.

Tamara : Est-ce que vous sentez que vous faites partie d’une dynamique à Toulouse ?

Lou : Oui. Je fais aussi partie de l’association des commerçants. On organise une fois par an la foire de la colombette et l’an dernier on a sélectionné les exposants. On a voulu que ce soient de vrais artisans et pas des revendeurs de produits moins qualitatifs (rires).

Juliette : Dans cette mesure, le quartier de Saint-Aubin était-il un choix stratégique ?

Lou : Oui mais c’est un quartier qui a encore besoin de changer. On a signé avec le maire une charte de propreté pour fleurir la rue et qu’il y ait moins de mégots. C’est une rue où il y a quasiment que des commerces indépendants ce qui n’est pas le cas de beaucoup de rue du centre-ville notamment les grands axes. On essaye de mettre ça en avant et de survivre avec toutes les manifestations.

Tamara : Quelles ont été les principales difficultés auxquelles vous vous êtes confrontés ?

Lou : Ce sont les difficultés de tout commerce… Mais je n’ai pas eu de difficultés propres au choix de mes produits. Cela se passe bien, je suis en relation directe avec mes fournisseurs, ce sont des petites entreprises et c’est plutôt agréable.

Juliette : Quels sont les aspects que vous aimez le plus dans votre métier ?

Lou : Ce que je trouve très sympa, c’est le contact avec les gens. Les gens qui rentrent ici sont attirés par le concept et par tous ces changements et ils ont envie de discuter et c’est plutôt sympathique.

Tamara : Pourriez-vous nous parler peut-être d’une de vos marques préférées que vous vendez ici ? Quelque chose qui réunirait justement tous les points que vous voulez mettre en avant ?

Lou : je suis en relation avec de super coopératives qui font du linge de lit pour bébé et qui se situent en Ariège. Le coton bio vient d’Egypte. Ce n’est pas non plus très loin… et puis il y a les produits de Ardelaine* en Ardèche. Ils font tout en laine et leur travail et de très bonne qualité. J’aime aussi beaucoup les savons de la marque Herbe folle* qui vient des Pyrénées orientales.

Juliette : Peut-être une dernière question… Quels seraient vos projets d’avenir, comme voyez-vous votre boutique dans dix ans ?

Lou : Je ne sais pas du tout, j’attends l’échéance des deux/trois ans. Mais surtout je souhaite affiner ma recherche sur la consommation durable. Pour l’instant je n’ai pas de projets plus précis mais j’espère pouvoir me développer un petit peu.

            Émerveillées par cette jolie petite boutique et le projet de sa propriétaire, nous finissons l’interview en prenant des petites photos de l’intérieur. Lou nous invite à suivre la page Facebook « Docteur Conso ». Il s’agit d’une plateforme recensant tous les produits responsables près de chez soi. Nous remarquons d’ailleurs qu’elle possède leur autocollant tout en haut de sa vitrine. Nous saluons Lou et nous repartons pleines d’idées en tête, Docteur conso étant peut-être la prochaine étape pour notre blog.

Juliette.

 

 

*PlanToys est une marque de jouet en bois fait à partir de bois de caoutchouc récupérés et s’engageant dans le zéro déchet. L’entreprise se situe en Thaïlande et exporte ses produits partout dans le monde.

*Ardelaine est une entreprise de vêtement et de literie française utilisant de la laine 100% vierge et locale non traitée.

*Herbe folle est une entreprise de savonnerie française dont toutes les matières sont issues de l’agriculture biologique n’utilisant pas d’huile de palme et se lançant dans le commerce équitable

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