L’océanographie opérationnelle, une solution pour limiter la pollution des océans ?

En quoi l’océanographie opérationnelle est-elle un processus innovant ? Depuis une vingtaine d’années, l’océanographie permet de suivre l’état de l’océan pour répondre à un besoin : produire un état qualifié de l’océan qui répond aux besoins des utilisateurs et diffuser cette information. L’évolution des moyens techniques mis en place pour observer les océans connaissent une évolution assez rapide avec par exemple de nouveaux satellites lancés régulièrement et des techniques de mesures améliorées. Sur les modèles numériques, une grosse communauté scientifique travaille sur les données scientifiques et biologiques. Tout cela permet de produire un état qualifié de l’océan.

 

Actimar est une entreprise qui a été créée au début des années 2000. Elle est issue du regroupement de petites sociétés pétrolières et militaires qui utilisaient l’océanographie. L’idée était de passer d’un développement de l’océanographie militaire à un développement de l’océanographie industriel. La maturité technique de l’océanographie opérationnelle permettait ce développement.

 

La valeur ajouté d’Actimar en termes d’océanographie opérationnelle se trouve dans sa capacité à répondre le précisément possible au client. A chaque nouveau client, Actimar s’adapte à ses besoins, il y a une véritable construction du service.

 

L’offre déployée par Actimar répond à un besoin sociétal des industriels mais pas uniquement. Il est dorénavant important de passer à un développement plus structuré : les besoins sont croissants et il y a une nécessité d’envisager une croissance forte. Cette structuration de l’offre doit passer par un accompagnement d’une structure qui a une autre échelle que celle d’Actimar. Des démarches sont en cour pour gérer cette croissance, offrir des services de plus grande ampleur et pouvoir adresser un marché de plus en plus important, comme par exemple celui qui regroupe la problématique de l’océan côtier.

 

Pour pouvoir répondre aux besoins des clients en termes d’océanographie opérationnelle, Actimar possède beaucoup de partenariats, surtout à Brest mais aussi à Toulouse et Marseille. Plus de 1000 chercheurs travaillent à Brest, grand centre de l’océanographie en France. De plus, Actimar est issue du monde de la recherche (1/3 des collaborateurs sont titulaires d’un doctorat). Ceci dit, le réseau de recherche s’étend au-delà de la France : Actimar possède des relations privilégiées avec des instituts de recherche en Norvège et Afrique du Sud.

 

Il y a deux principales phases concernant l’océanographie : une première, scientifique, qui consiste en la mesure et la compréhension du milieu et une seconde qui consiste en l’assimilation de données et la structuration vers l’océanographie opérationnelle avec les réseaux de mesure. Les principaux métiers sont les métiers autour de la modélisation numérique (savoir retirer l’information pertinente), les métiers de prévisionneur (sur le même modèle que ceux de la météo, il s’agit de fournir aux opérationnels des informations fiabilisées quant à l’état actuel et prévu de l’océan) et les métiers de commerciaux (présenter les offres). Les services constituent 50% du chiffre d’affaires chez Actimar : il s’agit davantage d’un système où il y a des propositions de services opérationnels, ils font évoluer en permanence l’offre et la production de services.

 

L’océanographie est essentielle à la protection des océans : elle vise à comprendre l’océan pour prévoir l’impact de nos activités sur celui-ci. Nous avons aujourd’hui une connaissance assez incomplète des mers et océans en raison des difficultés de mesure des grands fonds hostiles, pourtant essentiels à la régulation du climat. En France la communauté de recherche océanographique est assez dynamique. Actimar est l’une des premières entreprises nées dans ce secteur. L’activité positionnée sur le transport maritime est en forte croissance depuis une dizaine d’années. L’objectif de l’océanographie est de fournir des informations sur le courant et les vagues afin d’optimiser la route des navires et ainsi faire moins de pollution, des économies de carburant et d’optimiser le chargement.

 

 

Ondine de La Guéronnière