Alice Comble, co-fondatrice de la start-up GreenMinded a toujours eu une sensibilité particulière pour l’environnement, la protection des animaux et la gestion des déchets. Fraichement diplômée en télécommunication, elle organise en 2017 des journées de mobilisation à Lille, pour des campagnes de recyclage de mégots.

« On ne mégotte pas sur le recyclage ! » s’exclame Alice Comble. Incubée à Euratechnologie, la start-up GreenMinded lance en 2017 une initiative unique : le premier prototype de la Borne to Recycle, un cendrier connecté destiné à lutter contre la pollution des mégots, alors que plus de 45 milliards de cigarettes ont été vendues en France durant l’année 2017. Depuis la loi de 2007 qui interdit de fumer dans les lieux publics, les gens vont fumer dehors et un mégot sur trois se retrouve jeté dans la rue !

La “Borne to recycle” a pour objectif de collecter les mégots de cigarettes, troisième déchet mondial

L’objectif de la Borne to Recycle ? Collecter ces deux centimètres de plastiques qui envahissent par milliards les rues des villes françaises. « Les mégots sont une catastrophe environnementale qui tuent des millions d’espèces chaque année dans l’océan. Un seul mégot jeté dans des canalisations peut contaminer jusqu’à 500 litres d’eau ! » Les mégots sont de plus la première source de déchets mondiale et représentent le 3ème déchet le plus mortel dans les océans. La démarche de la borne se veut « non culpabilisante », explique Alice. « Les fumeurs en ont marre qu’on leur tape dessus, et ça ne change rien à la situation actuelle… Notre objectif, c’est de changer les habitudes sans être moralisateur ». Finalement, la Borne to recycle est le chainon manquant entre ces usines de recyclage des mégots et les fumeurs. Elle permet de collecter les mégots de façon ludique.

Chaque minute en France, assez de mégots sont jetés par terre pour atteindre la hauteur du Mont Blanc!

Un cendrier connecté, c’est bien joli, mais comment ça marche ?

La Borne to Recycle n’est pas qu’un simple cendrier mais un dispositif connecté qui affiche une question sur un écran. L’utilisateur peut y répondre en glissant son mégot dans l’un des deux trous situés en dessous. Le plus de la Borne to recycle, c’est de faire aussi de la collecte de données. « Chaque fois que l’utilisateur jette son mégot dans la borne et répond à la question, il accumule des points sur une cagnotte virtuelle. Ils sont ensuite crédités à une association de protection de l’environnement ou de lutte contre le tabac ». Ce dispositif en somme assez simple permet de faire de GreenMinded une entreprise sociale, solidaire et engagée dans une consommation et une gestion plus durable des déchets.

La borne n’est pas encore commercialisée et en est encore au stade de prototype. Cependant, grâce à une campagne de crowdfunding, la start-up aurait pour but de lancer sa commercialisation dans quelques mois. En attendant, GreenMinded connaît déjà une certaine réussite : 100 kilos de mégots collectés en 2017 (ce qui représente 12 500 000 litres d’eau qui ont échappé à la pollution) ! La sensibilisation sur le sujet émerge : certaines villes, à l’instar de Paris ou Cannes sanctionnent déjà par une amende les jets de mégots dans la rue.

Le recyclage de ces mégots, un problème fumant

Finalement, ce n’est pas tant la collecte qui pose problème, mais le recyclage de ces petits déchets aux énormes répercussions environnementales. Un filtre : 2 cm et 4000 substances toxiques dont de l’arsenic, des métaux lourds, du goudron… En somme, trop de produits chimiques pour pouvoir être totalement recyclés. Oubliés alors les plastiques de jouets, les films alimentaires … Mais alors que faire de ces mégots une fois collectés ? La solution : des plaques de plastiques pour mobilier urbain. Cette solution en reste cependant au stade embryonnaire et le chemin est encore long à parcourir avant de trouver une solution définitive au problème de la gestion de ces mégots. Alice Comble est quant à elle confiante : « Le changement c’est maintenant ! rit-elle, les mentalités sont en train de changer et ce ne sont pas les initiatives qui manquent aujourd’hui. Je pense que c’est à nous, les jeunes de porter ce changement… »