Patrick Deixonne, l’explorateur qui lutte contre les déchets plastiques !

L’expédition 7ème continent est une ONG âgée de 10 ans fondée et dirigée par Patrick Deixonne. C’est en 2009 lors d’une traversée en solitaire de l’océan Atlantique à la Rame que Patrick Deixonne a remarqué la présence de déchets flottant dans l’océan. Cet évènement l’a poussé à lancer une mission afin de mieux connaître les courants marins. C’est donc en 2013 que la première exploration eut lieu avec Les George, Patrick Deixonne et deux membres du CNES au cours de laquelle l’équipage a pu cartographier ce gyre océanique mais aussi pêcher des poissons afin d’établir une mesure des polluants existants dans leurs organismes.

 

Au travers de cette ONG, Patrick Deixonne va explorer les océans mais aussi et surtout témoigner et faire de la prévention à terre afin de rendre compte de cette réalité trop éloignée des préoccupations quotidiennes. Ainsi, Expédition 7ème continent comprend un volet scientifique, pédagogique et des expéditions.

 

Mais pourquoi le nom Expédition 7ème continent ? On appelle 7ème continent les gyres océaniques dans lesquelles se concentrent des tonnes de déchets, formant une masse si dense qu’elle apparaît de la taille d’un contient. Les 5 principaux gyres se situent dans l’Atlantique Nord et Sud, dans le Pacifique Nord et Sud et dans l’océan Indien.

 

Par les expéditions, Expédition 7ème continent témoigne de l’urgence qu’il y a agir pour arrêter ce fléau de la pollution plastique des océans. Les gyres océaniques se trouvent dans des zones géographiques peu concernées par le tourisme ou le commerce maritime, et n’intéressent donc que les écologistes. Ces expéditions permettent de médiatiser la progression dans le gyre et ainsi sensibiliser à ce phénomène dont nous avons pris conscience il y a relativement peu de temps. En effet, la sensibilisation et la pédagogie sont aussi des volets importants de l’ONG. Il est réalisé au travers de spectacles d’artistes, de création de bandes dessinées ou encore de conférences. En ce qui concerne le volet scientifique, il vise a cartographier la pollution plastique des océans, la caractérisation du milieu marin et la caractérisation physico-chimique des plastiques mais aussi à comprendre comment les déchets passent de macrodéchets à microdéchets. C’est l’ONG la plus avancée sur le volet scientifique avec 80 collaborateurs (chercheurs ou laboratoires).

 

Alors, quelles sont les solutions ? Essayer de ramasser le plastique présent dans les océans est vain puisqu’il est en grande partie du temps sous forme de microdéchets indétectables à l’œil nu et donc irrécupérables. Les vraies solutions sont à terre (rappelons que 80% du plastique qui se trouve dans la mer provient de la terre) : il faudrait éliminer le plastique sauvage et surtout revaloriser les déchets*.

 

Et du côté financement ? La renommée du Septième Continent facilite peut-être la levée de fonds pour les projets menés mais ce n’est pas pour autant que le parcours du financement n’est pas semé d’embuche comme pour n’importe quelle ONG. L’association n’emploie qu’une seule personne, Patrick Deixonne, et préfère faire appel à des prestataires de service quand le budget le permet. Expédition Septième Continent reçoit aussi des subventions du Ministère de la transition écologique. Le mécénat des entreprises industrielles joue également un rôle important dans le financement, mais pas seulement. En effet, ces entreprises, loin d’être des ennemies du combat de l’équipe de Patrick Deixonne, sont avant tout leurs alliées: elles peuvent être à l’origine de solutions. En alliant les fruits des recherches des expéditions Septième Continent et les connaissances de ces entreprises, ressortent des initiatives extrêmement encourageantes. Par exemple, Suez a récemment mis en place un système de filtration des particules de plastique pour les stations d’épuration.

 

Aude Perocheau & Ondine de La Guéronnière