« Manger Bouger », ou le slogan du Programme National Nutrition Santé (PNNS). Bouger disent-ils ? OUI, répondons-nous. Manger ? Bien-sûr ! Mais QUOI ?

La campagne « Manger Bouger », lancée en 2001, avait pour but de donner des conseils de santé et de nutrition aux français. Presque vingt ans après, leur devise n’a pas changé, et peut se résumer en quelques mots : manger sain, c’est manger équilibré. Jusque-là, pas de problème. En effet c’est prouvé. Les secrets d’une longue vie prospère se cachent dans notre assiette, en consommant à la fois féculents, fruits, légumes et protéines. Et c’est là que nous mettons sur pause. Les protéines ! Parlons-en !

Pouvez-vous envisager un repas sans viande ? Pour les non-végétariens ou non-végétaliens, il y aurait comme une petite impression de rester sur sa fin (ou sa faim d’ailleurs). En effet pour la plupart, les français consomment des protéines carnées une à deux fois par jour. Cela semble aller de soi dans le cadre d’une alimentation variée. Seulement, ce que la majorité de français ignore, c’est qu’en en consommant à quasiment tous les repas, ils sont en fait en surconsommation de viande. 1,5kg : c’est la quantité moyenne de viande hebdomadaire consommée par un français. 500 grammes : c’est la quantité préconisée par les nutritionnistes sur la même période, soit un écart de 1kg !

Sans parler des effets de cette habitude sur la santé, peu de personnes se doutent des conséquences environnementales gravissimes qu’entraine cette surconsommation. Malgré le fait qu’il soit aujourd’hui responsable de 14,5% des émissions mondiales de gaz à effets de serre – en outre plus même que les voitures – l’élevage intensif s’est banalisé. Alors même qu’en ce jour une personne sur huit dans le monde ne mange pas à sa faim selon la FAO, 70% des terres dans le monde sont utilisés pour engraisser ces bêtes dons nous raffolons la chair tendre et juteuse. Pendant que 30% de la population mondiale n’a toujours pas accès à l’eau potable, il faut compter 15 500 litres d’eau pour produire d’1kg de bœuf. Sans évoquer la déforestation, la pollution des sols et de l’eau, et enfin la maltraitance animale. Bref, ne passons pas par quatre chemins, osons nous poser la question : et l’éthique dans tout ça ?

La bonne nouvelle, c’est que la consommation de viande en Europe et aux Etats-Unis stagne. La mauvaise, c’est qu’elle explose dans les pays en développement. La Chine à elle seule compte pour 46% de la consommation mondiale en viande, et la cadence ne va qu’en s’accélérant. Estimés à 9,5 milliards d’êtres humains sur Terre en 2050, il est évident que ce modèle de consommation n’est pas viable à terme. Certains résistent : « Nous sommes loin d’être les pires » diront les uns, « Une vie sans viande n’en est pas une » diront les autres. En France, 79% des hommes contre 68% des femmes friands de viande déclarent ne pas pouvoir s’en passer. Sans compter les partisans du « Si la viande est si mauvaise que ça pour l’environnement, mangeons plus de poisson ! ». Cette solution consiste à « Déshabiller Pierre pour habiller Paul » : cela ne fait que déplacer le problème ! Malheureusement pour nous, les chiffres ne mentent pas, l’élevage intensif n’est pas soutenable à terme. Il en est alors du ressort de chacun d’en faire sa responsabilité, de prendre conscience de cette problématique et de changer ses habitudes alimentaires avant qu’il ne soit trop tard. Le temps est venu d’agir.

Comment assurer son apport journalier en protéines, sans soutenir l’élevage intensif ? Comment allier nutrition, environnement et éthique ? Nous nous sommes penchés sur le sujet, et nous pensons avoir trouvé un élément de réponse. Cette réponse porte un nom. Cette réponse s’appelle Origine Bleue.

 

Une belle après-midi d’hiver, où le vent toulousain faisait encore des siennes, nous nous sommes rendus à l’ENSAT Toulouse (École Nationale Supérieure Agronomique) à la rencontre de Gabriel Riboulet, président d’Origine bleue. Issu d’un bac agricole, il a continué sur un master à Sciences Po, spécialisé dans la construction de campagne médiatique multi-supports. Ensuite, il a travaillé dans la production, l’audiovisuel et le marketing avant de s’associer à une société d’analyse de données pour les médias dans laquelle il était architecte transmédia. Un beau jour, il tomba par hasard sur un reportage sur la spiruline, et choisit de se lancer dans cette voie. Six mois plus tard, après avoir contacté toutes les entreprises mentionnées dans ledit reportage, c’est avec Georges Garcia le président de Alg&You, société de systèmes techniques pour produire de la spiruline chez soi ou dans un champ, qu’Origine Bleue vit le jour. Charismatique et plein d’énergie, nous l’avons rencontré afin qu’il nous en dise un peu plus à propos de Spira, le produit phare d’Origine bleue : De la spiruline fraîche conditionnée.

Gabriel Riboulet, président d’Origine Bleue qui présente Spira le nouveau produit de l’entreprise: de la spiruline fraîche consitionnée.

La spiruline est une algue bleue qui doit son nom à sa forme spiralée. Il existe près de 1500 espèces de ces algues dont 36 d’entre elles sont comestibles. Apparentée à la famille des cyanobactéries, elle fixe le carbone du dioxyde de carbone par photosynthèse, et libère du dioxygène. En résumé, c’est une algue marine. Mais attention, par n’importe laquelle ! Qui peut le plus peut le moins ; la spiruline est une véritable mine de nutriments. En vous épargnant tout le jargon scientifique, notre algue bleue est un concentré de caroténoïdes, de fer et surtout de protéines. Faible en calories, elle ne contient pas moins de 55 à 70% de protéines d’excellente qualité.

Originaire de l’Amérique centrale, les Colons découvrirent la spiruline par l’intermédiaire des Aztèques. Depuis des siècles, ce peuple ancestral tirait une « boue » bleue, soi-disant à haute valeur nutritive, du grand lac Texcoco près de Mexico qu’ils nommaient tecuitlatl. De la même manière, certaines peuplades du Sahara cultivent la spiruline, plus couramment appelée dihé, dans le lac du Tchad depuis des générations. C’est seulement à partir des années soixante-dix que les valeurs nutritionnelles de l’algue bleue ont commencés à être reconnues en Occident, et qu’elle a été banalisée comme un aliment santé ou supplément alimentaire.

 

Vieille de trois milliards d’années, dotées de propriétés nutritionnelles démontrés depuis des siècles, la spiruline n’est en soi pas particulièrement innovante. Ce qui fait la spécificité d’Origine Bleue, c’est qu’elle est la seule entreprise au monde à distribuer et à commercialiser de la spiruline fraîche. En effet, la spiruline n’est présente que sous forme déshydraté en paillettes, poudre ou gélules. Spiruline déshydratée versus fraîche, la distinction semble sans intérêt. Or en réalité c’est celle-ci qui fait toute la différence. En ce sens, Spira est garanti de qualité supérieure par rapport à la spiruline que l’on peut actuellement trouver sur le marché.

Déshydrater la spiruline suppose de la chauffer à haute température. Ce processus provoque inévitablement une déperdition de ses attributs, certaines chaines d’acides aminés et enzymes notamment. A l’inverse, sa commercialisation fraîche et conditionnée permet de conserver toutes ses propriétés. Origine Bleue travaille main dans la main avec les « Spiruliniers » français, nom attribué aux producteurs de spiruline, qui sont tenus à respecter un cahier de charges très règlementé. D’ailleurs, Origine bleue tient tellement à la qualité de leur spiruline qu’ils ont jugés seulement trois fermes sur cinq testées en 2017 compatibles avec leurs valeurs : une en île de France, deux en région Toulousaine. Depuis février, ils ont aussi contracté un partenariat avec une ferme bretonne.

De plus, l’algue bleue a été sujette à de nombreux scandales alimentaires. Si des règles strictes s’imposent aux Spiruliniers français, nous ne pouvons pas en dire autant sur les normes internationales. Aujourd’hui, choisir sa spiruline est devenue une véritable odyssée pour les consommateurs qui doivent naviguer en permanence entre les arnaques et les produits de qualité médiocre voire lamentable, d’origine douteuse sinon inconnue. De fait, de nombreuses fermes s’installent près de sites polluants des pays tels la Chine ou les Etats-Unis, où il existe un modèle de rachat de CO². Ils touchent alors une prime en revendant leurs titres de CO², et commercialisent leur spiruline sous différentes marques. Le hic, c’est qu’ils n’ont souvent pas les structures nécessaires pour filtrer les métaux lourds et autres substances toxiques qui se retrouvent de fil en aiguille… dans notre assiette !

L’apparence des nouveaux arrivages de spiruline fraîche Spira.

Spira parait donc un investissement utile, par sa qualité et ses propriétés. Seulement, vendue à un prix de 100 euros le kilo voire 200 en région parisienne, comment persuader les français d’oser aller vers cet achat, quand la viande est déjà en soi un produit relativement couteux ?

Simplement, l’élevage n’est pas uniquement voué à disparaitre parce qu’il est néfaste pour la planète. Cet argument passe même en second plan face à un autre enjeu de taille auquel les pouvoirs publics ont à faire : l’enjeu économique. Car oui, si l’élevage tel qu’on le connait devait disparaitre, cela serait avant tout à cause de l’insolvabilité du secteur.

Sans les aides européennes, 6 fermes sur 10 seraient condamnés à cesser leur activité en Europe. La majorité d’éleveurs vendraient à perte si ce n’était pour les plusieurs milliers d’euros que leur accorde la Politique Agricole Commune (PAC). Peu importe que l’on soit en difficulté économique. Peu importe les efforts demandés aux contribuables et aux institutions publiques. La PAC représente environ 43% du budget de l’Union Européenne soit 55,5 milliards d’euros qui partent au soutien de cette pratique alimentaire. Tôt ou tard, cette politique ne sera plus supportable. Les prix exploseront et la viande redeviendra le produit de luxe qu’elle est véritablement. A l’inverse, les coûts de production des produits alternatifs telle la spiruline diminueront significativement à terme. Une bonne nouvelle somme toute, sachant que la spiruline capte 16 fois plus de CO² qu’un arbre, et demande, à kilo de matière sèche égal, 1000 fois moins d’eau et 100 fois moins d’espace qu’un kilo de bœuf.

Spira figure donc parmi les éléments alternatifs du futur. La preuve : Origine Bleue – pionnière dans son domaine – est déjà sollicité par un fonds de pension américain. Attention, il ne s’agit pas d’éradiquer la viande de notre régime alimentaire car nous ne pouvons pas nous restreindre au seul critère d’apports nutritionnels. En revanche, Spira se présente comme un substitut intéressant pour réduire notre consommation pour des raisons éthiques, environnementales et économiques. D’une consistance similaire à celle du beurre et d’un gout assez neutre, c’est un aliment facile à intégrer à nos recettes et plus généralement à nous routines alimentaires. En prime, c’est aussi un exhausteur de goût et un émulsifiant. Produit tout public, Spira est facile d’utilisation pour les cuisiniers du dimanche, avec lequel il est possible de s’amuser pour les plus fantasques, tout en mangeant équilibré. Origine Bleue propose d’ailleurs des recettes sur son site internet. Les nombreuses vertus alimentaires de Spira se traduisent par un effet détoxifiant intestinal, un gain d’énergie et de concentration au quotidien. Plutôt pas mal quand nous considérons que l’élevage est à l’origine des trois-quarts des nouveaux pathogènes ayant affecté l’homme depuis ces dix dernières années selon la FAO. Sans évoquer les risques accrus de problèmes cardio-vasculaire ou bien même de cancers provoqués par la surconsommation de viande rouge.

Quelques exemple de recettes proposées sur le site internet d’Origine Bleue.

 

Tout compte fait, Origine Bleue tient un beau projet, une porte ouverte vers le futur dans lequel nous plaçons beaucoup d’espoir. Pour l’instant, Spira connait du succès auprès de plusieurs catégories de consommateurs : détaillants bio, restaurateurs de luxe, de bistronomie ou cuisine spécialisée, groupes d’intérêt (végétariens, flexitariens, clubs de yoga, sportifs…), et grandes-moyennes surfaces spécialisées notamment. Leur objectif ? Toucher de plus en plus de consommateurs français. D’où leurs vœux de tripler leurs points de vente à Paris et dans le sud-ouest, ainsi que de tester d’autres formats de barquettes pour l’année 2018, actuellement vendues par barquettes de 25g.  A l’internationale, Origine Bleue a déjà lancé quelques initiatives avec des pays frontaliers.

A l’heure ou 75% de la spiruline consommée en France est importée, leur objectif serait de créer un réseau de production de spiruline fraiche en France, faisant de nous les leaders du marché mondial. Une fois les cyanobacteries devenues un aliment incontournable – d’ici une trentaine d’années selon eux – leur ambition sera d’avoir monté une fédération à l’échelle française afin de contrôler la qualité de cette algue si formidable. Cependant, afin de réaliser leurs objectifs un défi demeure : trouver un moyen de lisser la production annuelle. La spiruline est un produit saisonnier dont la production s’arrête en hiver. Défi qu’Origine bleue est prête à relever. Etant une cyanobacterie, la spiruline ne demande pas une structure de traitement complexe, si ce n’est de l’espace pour la cultiver et les intrants adaptés au système de culture. La production urbaine sur toit ou dans des sous-sols est alors une solution envisagée par l’entreprise. Reste à trouver des partenaires prêts à prendre le pari, qui comprennent le potentiel futur de cet investissement. Dans les villes où le prix de l’immobilier ne cesse de grimper, Origine Bleue réussira-t-elle à relever le défi ? Seul l’avenir nous le dira. En tout cas, des lors que cette problématique sera résolue et que Spira sera produite à grande échelle, l’entreprise imagine une industrie agro-alimentaire où l’algue sera carrément intégrée dans des produits transformés, en plus d’être vendue sous sa forme conditionnée.

 

Faisons donc le bilan. Fraiche et destinée à une production locale, Spira est un produit responsable qui soutient le commerce équitable et les petits producteurs français. Le but d’Origine Bleue est de mettre en valeur un savoir-faire pour le moment unique en Europe et conserver le business dans nos campagnes. L’usage courant de Spira est en mesure d’amorcer une transition alimentaire de la viande vers une substance tout aussi nutritive et surtout plus respectueuse de notre planète. Si la spiruline est déjà intégrée dans le régime alimentaire de certaines populations, le plus gros reste à faire : Convaincre la majorité française, historiquement connue pour sa culture de viandes en sauces, de se tourner vers cette alternative plus soutenable. Cet horizon semble encore lointain. Cependant, Origine Bleue garde le cap, et est prête à tout pour faire une brèche dans cette tradition. Aujourd’hui la modestie est au rendez-vous, mais nous les soutenons à 1000% dans leur projet !

 

 

Sources:

https://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/Fiche.aspx?doc=spiruline_ps

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/crise-des-eleveurs/eleveurs-sans-les-aides-europeennes-6-fermes-sur-10-disparaitraient_1285439.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_agricole_commune#Budget_de_la_PAC

https://www.viande.info/elevage-viande-sante-maladies

https://www.planetoscope.com/elevage-viande/1587-consommation-de-viande-en-france.html