Microplactic : La recherche au service de la lutte contre les fibres microplastiques

Créé en 2013 par SUEZ sous le nom d’Ecoseastem puis piloté depuis février 2016 sous le nom de Microplastic, un ambitieux programme de recherche a été mis en place pour lutter contre les microfibres plastiques. Ce programme d’une durée de 3 ans est effectué avec des partenaires publics et privés et vise à s’attaquer à une problématique nouvelle et encore peu connue : la détection, la quantification, l’étude des risques sur l’écosystème et l’élimination des fibres micro plastiques.

 

Les microfibres plastiques que l’on retrouve dans les stations d’épuration proviennent en grande partie des vêtements et s’échappent dans les canalisations lors des cycles de lavage des vêtements en machine à laver.

 

Il s’agit d’un sujet grandissant et donc il est nécessaire de faire un état des lieux pour comprendre de quoi il s’agit vraiment. En effet, les recherches ont été motivées par le fait qu’à la différence des matières en suspension, les fibres micro plastiques qui sont retrouvées dans les stations d’épuration ne sont pas référencées dans les normes actuelles et doivent être identifiées et quantifiées. Les particules sont donc prélevées à la sortie des stations d’épuration dans ce but. L’objectif de cette opération est donc à terme la protection des océans en évitant que les microfibres plastiques ne se retrouvent pas dans les mers. En effet, ces particules entraînent la prolifération d’espèces invasives et donc bouleversent les écosystèmes. Lors de leur fragmentation, elles libèrent une substance chimique qui affectent les espèces marines. Mêlées au plancton, elles sont ingérées par les poissons, et par extension, par l’homme.

 

Financée à hauteur de 1,3 million d’euros par SUEZ et à hauteur de 25% par la BPI pour le projet Microplatic sur un budget total de 3,7 millions d’euros, cette recherche mobilise de nombreux acteurs : en interne il s’agit de SUEZ eau France, Actimar et le CIRCEE. Mais il ne faut pas oublier les différents partenaires avec qui il faut mettre en commun les différentes expertises effectuées puisqu’il s’agit d’un projet collaboratif. Dans le cadre de Microplastic, c’est l’expertise assainissement et procédés qui est valorisée.

 

Mais une fois la recherche terminée, qui sera concerné par la ou les innovations ? Principalement les communes et les industriels qui utilisent les stations d’épuration. En effet, si aucune règlementation n’existe encore concernant le rejet des microfibres plastiques en sortie des stations d’épuration vers les océans, il ne serait pas étonnant qu’une apparaisse dans les prochaines années compte tenu des inquiétudes grandissantes que suscite ce problème.

 

Le but est de non seulement réussir à proposer des nouvelles stations de traitement permettant la réduction des rejets des microfibres plastiques, mais aussi que ces solutions soient viables économiquement. En effet, il faut réussir à ce que ce ne soit pas trop couteux pour les collectivités et que les coûts d’exploitation soient faibles puisqu’il n’existe aujourd’hui aucune contrainte en termes de règlementation concernant les micro plastiques. Une bonne partie des contraintes pesant sur la recherche aujourd’hui concerne d’ailleurs cette viabilité économique.

 

Ondine de La Guéronnière